
... Le deuxième album ...
Le chemin est long mais ça avance...
Et ça finit toujours par la ligne d'arrivée... Step by step...
Il s'appellera " L'Entre-Mondes "
Petite newsletter sinon avant que l'on parte
en Auvergne mettre en place le set unplugged...
Là bas, on essaiera de vous enregistrer Sexy Fix en version acoustique...

Gabrielle: Créature féminine électronique aux seins de verre, espiègle, libertine,
brune, sexy et pétillante.
L'Armure: Etre de métal argenté d'une grande condescendance, mort il y a plusieurs siècles.
L'Alchimiste: Adolescent surdoué mais candide et lunaire qui n'arrive pas à contrôler ses pouvoirs destructeurs.
Mandarin: Le plus vieux des serpents de la bibliothèque de Babel, érudit et sage, confident de Rodrigue.

Des chauves-souris voletaient de partout. Sortant de grimoires grands ouverts, elles apportaient des essences de mots furieux dans des fioles de toutes les odeurs. Les alambiques sifflaient. Un pianogon de glace à longue queue vomissait une tarentelle noire pour aiguiser son souffle de mêlé-cass. Les vautours de Dumbledargent, qui attendaient depuis des trombes une réponse à leur impérieuse missive, enfilaient des perles en guettant d’un œil venimeux les activités de la grotte. L’Alchimiste courait affolé les bras pleins de parchemins suivi d’une dizaine de petits serpents zélés.
Bref, c’était l’effervescence synaesthéchaotique… autrement appelé « bordel ».
Gabrielle, manageuse, tourneuse et secrétaire de ce cher Rodrigue était quant à elle occupée à tancer les fournisseurs : « Wrei xillion candela ! Limtiziex salma optsulfüR !!.. » ce qui du sumérien peut se traduire :
« Nous avons besoin de chandelles, et au moins dix kilos de sel ! »
Gabrielle raccrocha le papegai filaire : « RHHAa ! Sept überchaudrons à faire chauffer à très haute température et ils sont en rupture de salamandres !! »
Heu, oui, en fait, il s’agissait de salamandres pour les chaudrons...
-
« Bon, faut que je trouve un autre fournisseur ! »
Et tandis qu’elle feuilletait frénétiquement le registre de négosorcellerie, un effroyable nuage de fumée tonitrua l’atmosphère d’éclairs flamboyants; ce qui, dans l’ambiance générale, passa totalement inaperçu.
Gabrielle restait concentrée.
Un léger raclement de gorge requérant l’attention lui fit lever la tête. Devant le bureau se tenait un homme en smoking fuchsia arborant un regard qui se voulait intrigant.
Gab: « Oui ! Qu’est-ce que c’est ? »
Tout en gardant le même regard, son sourire se fit l’expression-même du suffisant : ‘’Vous n’attendiez que moi...’’
Gab: « Bon ! Qui êtes vous ? »
- Qui suis-je ? Mais... Je suis… Le Seul, L’...Unique, Le Nuuuuummmber WouuAn ! »
Et tandis qu’il mettait son arbalète de poing sur la poitrine retentît la musique entêtante du premier James Bond.
-
« Mon nom est Hun ! Saint Valent’ Hun ! Attila attisa la crainte, moi son successeur j’attire l’Amour ! »
Gab, dans un soupir: « Mais pourquoi faut-il toujours que ça tombe sur nous ?!?
Y’a marqué ‘’Bienvenue aux farfelus’’ au frontispice de la grotte ? »
A ces mots, L ’Alchimiste, se sentant sans doute concerné, se prit les pieds dans sa robe et
renversa ses parchemins dans une marmite purulente.
Gabrielle, qui n’avait pas même cillé : « L’Armure, vire-nous cet importun ! »
SV: « Non, pas : ‘’Importe’’, Saint-Valent’ ! Saint-Valent’… hein ?!!?… »
Mais déjà l’Armure l’avait empoigné par le col et il naviguait sans toucher terre vers la sortie la plus proche.
Gabrielle, observant l’éphéméride, s’étonna elle-même : « Tiens on est déjà en février ? »
De la trappe de la cave surgit l’envahissant personnage : « Oui, déjà ! C ’est pourquoi me voilà... »
mais comme l’Armure s’approchait dangereusement il referma la trappe sous lui.
Presque aussitôt le miroir s’ouvrit comme une fenêtre, et en jaillit vous savez-qui :
SV: « Non, je crois qu’on s’est mal compris, certes c’est de ma faute, mon entrée fracassante n’était pas… »
Sa troisième sortie ne le fut pas moins, car l’Armure n’eut pas plus tôt entendu le soupir de Gabrielle, que tenant Excalibur comme une raquette, elle le refenestrait par le trou du miroir qui se renformît aussitôt.
Lorsqu’il apparut par la lucarne de la voûte de pierre, Gabrielle arrêta d’un signe de main L’Armure.
Gab: « Non, mais qu’est ce que vous voulez à la fin ? »
SV: « Bah... C’est la fête de l’amour, alors je suis là… »
Gab: « La fête de l’amour ? parce que vous croyez qu’il y a un jour particulier
pour dire à l’autre qu’on l’aime ? » dit-elle d’une voix monocorde.
SV: « Non, mais si ce jour-là, on ne le dit pas.. et puis, ça fait du bien de le dire, de se l’entendre dire...
J’ai d’ailleurs avec moi tout un catalogue des façons de dire je t’ai… »
Gab: « Foutez-moi le camp avec tout votre amour de pacotille, vos love love mercamerdiques ! L ’amour se ressent, intensément sans signes extérieurs de trichesse, chaque jour !... » Gabrielle sentit aussitôt que ses paroles fleurait l’intense banalité et soupira.
Gab: « Et puis, nous, en ce moment on a du travail ! »
SV: « Vous êtes Ssssseule, Gabrielle, enfin, vous vous sentez seule... mais je ne suis pas fait que pour les gens heureux de ne faire qu'un. Je suis venu tout particulièrement pour vous, pour vous faire sourire par mes bouffonnades.
Et puis… je vous ai menti... »
Le miroir sourit.
SV: « … je ne suis pas numéro un, je suis saint-valant’ six millions trois mille deux, mais pour Vvvvous ce soir,
je serai ce que vous voudrez, la consolation d’une jeune femme solitaire à qui l’amour fait défaut provisoirement
dans la certitude qu’il rejaillira un beau matin de mai... ; le souvenir d’un amour éperdu laissé sur le quai
d’une gare de la vie… ; l’amant d’un soir auquel vous ne prêterez
jamais l’idée d’un profit de votre corps de verre…
Je peux être tous ceux-là, ce que vous désirerez, et bien plus encore…
Gab: « L’Armure ???… »
Vous dire comment s’est passée la soirée de Saint-Valentin dans la grotte ?
Tandis qu’ondoyait la charpie d’une étoffe fuchsia dans une cucurbite pleine d’acide mercaptopropanoïque
d’où suintait une étrange liqueur…
Gabrielle : « Trois cent salamandres ? Excellent, on prend tout ! Ah... Et si vous pouviez m’envoyer un homme-toy... Oui, modèle : ‘Japet’ en pierre d’aventurine pourpre... mais muet… pour ce soir, oui... parfait ! »
… L’Armure, Rodrigue et Mandarin sirotaient un verre de Valentinska, la toute dernière décoction de l’Alchimiste, à la santé du dieu Amour… et de ses saints.
« A l'Amour ! »